L’école 48 d’Erevan rend hommage au héros universel

Arménie francophone
21.02.2024

Symbole de la résistance à l'occupation nazie en France, Missak Manouchian l'étranger, Arménien communiste et poète engagé, rejoint aujourd'hui "les Grands hommes" du Panthéon français avec sa femme Mélinée. A Erevan, l'école 48 qui porte son nom se souvient.

Par Pierre Sinoir

 

Ce soir à 18h30 heure de Paris, 80 ans jour pour après son exécution au Mont-Valérien avec 22 de ses camarades, Missak Manouchian fera son entrée au Panthéon ou il reposera aux côtés de sa femme Mélinée. Si Manouchian incarne avant tout ces pages sombres mais glorieuses de l'histoire de France, son statut de combattant arménien de la liberté, mort pour un pays qui refusait d'en faire l'un des siens, fait également écho à Erevan.

Aujourd'hui, à l’école "48 - Missak Manouchian", dans le quartier Zeytun de la capitale, les élèves rendent eux aussi hommage à Missak et Mélinée et pérennisent les traditions inscrites dans l’histoire de leur établissement. En 1948, alors que des enfants immigrés syriens, libanais et d’autres nationalités s’installent en Arménie, une école destinée principalement à l’apprentissage du français ouvre à Erevan, et, pour plus de facilité, elle porte le nom de sa date de création, "l’école 48".

Des années plus tard, en 1972, la directrice de l'époque qui souhaite développer le réseau francophone de l'école, profite de la venue à Erevan de Mélinée et deux anciens combattants du groupe Manouchian, Henri Karayan et Arsène Tchakarian, pour les inviter à raconter leur histoire devant les élèves. Ils ne viennent pas les mains vides et apportent avec eux des souvenirs ayant appartenu au résistant. Un petit musée est inauguré, du nom de Missak Manouchian, et au "n°48" de son patronyme administratif, l’école y accolera désormais celui de "Missak Manouchian".

Discrètement situé parmi les salles de classe, le modeste mémorial rassemble objets et documents retraçant le passé du héros de la résistance. Un héritage bien conservé, apporté par les anciens membres du  "groupe Manouchian" et sa femme Mélinée, le jour de l’inauguration du musée. Parmi les précieux témoignages, on peut trouver le drapeau du groupe Manouchian, mais aussi un exemplaire de l’affiche rouge, symbole de la propagande nazie pour dénoncer le "terrorisme" des résistants de la FTP-MOI, les Francs-tireurs et Partisans de la main d'œuvre immigrée.