
Le dévoilement de l’identité visuelle des dixièmes Jeux de la Francophonie par le gouvernement arménien marque une étape clé : il confirme l’affirmation de l’Arménie comme un acteur singulier et moteur de l’espace francophone. Inspiré de l’histoire locale, ce logo dicte trois mots d’ordre : énergie, transmission et continuité, qui seront portés par la jeunesse francophone en juillet 2027.
Par Gabrielle Delorme
L’événement s'est déroulé en présence de Mme Zhanna Andreasyan, ministre de l’Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports en Arménie, ainsi que de M. Arayik Harutyunyan, Chef de cabinet du Premier ministre arménien et Président du Comité national des Jeux de la Francophonie (CNJF). Ils étaient accompagnés de Mme Kristine Grigoryan, directrice technique du CNJF, et de M. Vivien Olivier Lubczanski, directeur du Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF).
Cette rencontre a permis d’approfondir les détails de la préparation des Jeux de 2027, fruit d’une collaboration étroite et fructueuse entre les autorités arméniennes et le Comité international des Jeux de la Francophonie sous l’égide de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Ensemble, les partenaires ont réaffirmé leur volonté de faire de ce rendez-vous de 2027 une plateforme de partage, à la croisée du sport et de la culture.

Le logo imaginé par le Comité national des Jeux de la Francophonie représente une fusion harmonieuse des dimensions culturelles, artistiques et sportives. Il s’inspire du symbole arménien de l’éternité arevakhach, représentant la continuité et la pérennité, ainsi que du mouvement circulaire de la danse Kochari,inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO, incarnant l’unité et la force. Il reflète l'ancrage culturel de cette édition et l’esprit de rencontre au cœur des Jeux.
Une édition symbolique, portée par la jeunesse :
Prévus du 23 juillet au 1er août 2027, les Jeux de la Francophonie ont pour objectif de célébrer la diversité à travers le sport et la culture. C’est un événement fort pour la diffusion de la langue française qui joue un rôle important de fédération de la jeunesse francophone. Comme l'a souligné Monsieur Lubczanski, ces Jeux représentent “un moment crucial pour l'expression de la jeunesse francophone à laquelle l'Organisation internationale de la Francophonie accorde une place centrale”.
Pour les autorités arméniennes, accueillir cette dixième édition est un honneur d’autant plus grand que la candidature du pays a été validée à l’unanimité par l’OIF. Ce plébiscite témoigne d'une confiance totale dans les capacités d’accueil et d’organisation de l’Arménie. Le symbole est d'ailleurs historique : c'est la première fois que le dixième anniversaire des Jeux est célébré dans un pays dont le français n’est pas la langue officielle. Ce choix illustre le lien singulier unissant l'Arménie à la famille francophone et sa volonté de s'y affirmer comme un acteur de premier plan. Le dynamisme du pays est d'ailleurs confirmé par l'enthousiasme de nombreux États membres, déjà impatients de participer à cette édition.
Un partenariat solide pour 2027
Pour M.Lubczanski, directeur du CIJF, le succès de l'événement est indissociable de l'engagement mutuel des équipes : “Le Comité international des Jeux de la Francophonie agit aux côtés du Comité national des Jeux de la Francophonie comme un partenaire pleinement engagé, mobilisé pour partager son expertise, accompagner les différentes étapes de préparation et bien entendu contribuer à la réussite collective de ce projet.”
Cette collaboration constitue le pilier central de l'organisation. D'un côté, le CIJF, en tant qu'organe de l’OIF et entité propriétaire des Jeux, assure la coordination et la supervision à l’échelle internationale. De l'autre, le Comité national (CNJF) pilote l'organisation générale en Arménie : il a la charge de l'accueil des délégations, de la mobilisation des moyens humains et de la mise à disposition des infrastructures nécessaires aux compétitions et aux concours culturels. Ce dialogue permanent garantit une expertise technique de haut niveau, indispensable pour faire de cette dixième édition une réussite historique.
Sur le plan opérationnel, les intervenants se sont accordés sur l'état d'avancement exemplaire des préparatifs. Les autorités arméniennes ont confirmé que le travail de planification ayant été rigoureusement effectué, les mois à venir seront consacrés à la finalisation des achats et des infrastructures. L'ensemble des travaux a d'ores et déjà été budgétisé, garantissant une exécution sereine du projet. Monsieur Vivien Olivier Lubczanski a partagé cet optimisme, saluant la qualité du dialogue permanent entre le Comité international et les instances nationales, gage de la réussite de ce rendez-vous de 2027.
Des Jeux francophones à forte identité arménienne
Chaque édition des Jeux est l’occasion pour le pays hôte de se distinguer en mettant en avant sa propre personnalité. Pour l’Arménie, cette volonté se traduit d'abord par le choix de sortir de la logique traditionnelle d'une cérémonie d'ouverture en stade.
Le chef de cabinet du Premier ministre a ainsi annoncé que l'événement se tiendra en plein air, sur la place de la République à Erevan, afin d'apporter un souffle nouveau. Si ce choix rappelle l’audace de la cérémonie des Jeux Olympiques de Paris 2024, il a surtout pour objectif de mettre en lumière l’architecture unique d’Erevan et d'en faire profiter le plus grand nombre. Le président du CIJF confirme cette ambition: “Ce sont des Jeux qui permettent à chaque État et gouvernement participant de découvrir l'Arménie et de se sentir en solidarité avec l'ensemble des autres États et gouvernements participants.”
La programmation de cette dixième édition illustre la synergie entre la culture francophone et la singularité arménienne.
Le fonctionnement des Jeux de la Francophonie repose en effet sur une structure fixe à laquelle s’ajoute une touche locale. Le socle des disciplines dites titulaires, qui constituent le programme officiel obligatoire pour chaque pays hôte, comprend d'une part un volet sportif avec le judo, l’athlétisme, l’athlétisme handisport, le football, le tennis de table, le basket 3x3 et le breaking, et d'autre part un volet culturel incluant la peinture, la photographie, la sculpture, la danse de création, la littérature, les contes et la chanson. Pour personnaliser cette dixième édition, le gouvernement arménien a décidé d’inclure des disciplines optionnelles qui représentent bien sa culture, à savoir la création numérique, le théâtre, la jonglerie avec ballon, l’haltérophilie, le basket-ball en fauteuil ainsi que les échecs par équipe.
Par ailleurs, la ministre de la Culture a exprimé son désir de replacer la dimension culturelle au centre des Jeux. Constatant une offre d'événements culturels internationaux parfois moins dense que celle du sport dans le pays, elle appelle à considérer ces Jeux comme une plateforme où la jeunesse pourra exprimer ses arts et ses œuvres. L'idée est de faire de la culture un outil de communication et de coopération entre les participants, permettant à chacun de découvrir l’univers créatif de l'autre. La présence attendue des ministres de la Culture des États membres, durant les Jeux, constituera un symbole fort, favorisant à la fois la diffusion de la francophonie en Arménie et le rayonnement de la culture arménienne dans l’espace francophone.
Ainsi, l’enjeu pour Erevan est également de renforcer la visibilité internationale du pays. Il s’agit, selon les autorités, de positionner durablement l'Arménie sur la carte mondiale comme un centre culturel et sportif de premier plan.
Erevan 2027 : vers un rayonnement sportif et culturel mondial
L’Arménie confirme sa capacité à organiser sur son territoire des événements internationaux de grande envergure. Après le succès des Championnats d’Europe de tir au début de l'année 2026, la capitale se prépare à une année 2027 exceptionnelle. En plus des Jeux de la Francophonie, Erevan accueillera les championnats du monde d’haltérophilie ainsi que les championnats d’Europe de gymnastique artistique, affirmant ainsi sa place sur la scène sportive mondiale.
Face à cette ambition, la ministre de l’Éducation, de la Culture et des Sports a abordé la question cruciale des infrastructures. Les autorités arméniennes se veulent rassurantes quant à la conduite des chantiers et assurent que les installations seront prêtes d'ici quinze mois pour l’ouverture des Jeux. Le CIJF a d'ailleurs salué lors de la signature de la convention le 27 juin 2024 la qualité des infrastructures existantes, comme le complexe Karen Demirchyan.
Pour la Madame Andreasyan, cette dynamique de construction et de rénovation des infrastructures, impulsée par l’accueil de multiples événements internationaux, permet de poser une base institutionnelle solide grâce à des équipements de haute qualité. Au-delà de l'événement ponctuel, le gouvernement souligne sa volonté de bâtir des infrastructures pérennes dont les citoyens arméniens pourront profiter durablement. Ce projet se concrétise notamment par la construction d’une nouvelle école entièrement dotée de matériel de gymnastique moderne mais également par la rénovation du stade Hrazdan qui permettra l’accès durable à l’athlétisme. Ainsi, les Jeux de la Francophonie représentent pour les autorités une opportunité de mettre en avant l'Arménie tout en offrant un héritage concret à la population, tant pour le présent que pour l'avenir. Désormais, le succès de cette organisation repose sur l'engagement d'une multitude d'acteurs mobilisés pour faire rayonner le pays.
Une organisation fondée sur des partenariats stratégiques
À l’échelle locale, la réussite des événements d’envergure en Arménie repose avant tout sur une collaboration active et responsable entre le service public et le secteur privé. Comme l’a souligné Madame Andreasyan, l'exemple récent du championnat européen de tir a démontré l'efficacité de ce modèle où chaque acteur a pris ses responsabilités dans son domaine respectif. Ce principe sera de nouveau appliqué pour les Jeux de la Francophonie, dont les compétitions et les festivités se tiendront dans des espaces tant publics que privés, sous l'égide d'organisateurs issus de ces deux secteurs.
Dans le domaine culturel, cette coopération est particulièrement visible à travers l'implication d'institutions comme l’Union des peintres d’Arménie, qui participera activement à l’organisation des épreuves de création numérique. Au-delà des frontières nationales, le chef de cabinet du Premier ministre a également mis en avant le rôle de soutien précieux du gouvernement français. Cette collaboration s'est notamment concrétisée lors de la visite d’une délégation à la fin de l’année 2025, composée d’experts publics et privés ayant œuvré à l’organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024.
Ainsi, l’implication de ces partenaires extérieurs agit comme un véritable mentorat, permettant de renforcer les capacités des organisations locales arméniennes. Cet échange d'expertise garantit non seulement le succès opérationnel de l'événement, mais assure également un transfert de compétences durable pour le pays.









