L’Alliance française en Arménie, moteur de la francophonie

Arménie francophone

Par Tigrane Yegavian, France-Arménie

Unique au Caucase, l’Alliance française en Arménie a été fondée en 2003. Elle fait partie intégrante du réseau mondial des 800 Alliances françaises réparties sur les cinq continents. Lieu incontournable d’un enseignement de qualité du français, l’Alliance est aussi l’unique centre d’examen en Arménie. A cet égard, elle dispense tous les diplômes proposés dans le cadre du CECR (Cadre européen commun de référence pour les langues). Elle est aussi le vecteur majeur de la diffusion de la culture et des valeurs françaises et francophones.
 

A ses débuts, l’Alliance française dispense ses enseignements dans les locaux de l’Université française en Arménie (UFAR) dans le centre-ville d’Erevan qu’elle partage jusqu’à ce que cette dernière déménage dans le quartier de Zeytoun sur les hauteurs de la ville. Depuis 2012, l’Alliance française s’est installée dans de vastes et confortables locaux du centre de la capitale où il lui est possible de proposer à ses étudiants des cours adaptés à leurs besoins dans des salles équipées d’ordinateurs et de tableaux blancs interactifs (TBI). Héritant de l’ancienne bibliothèque de l’Ambassade de France, elle dispose de l’unique médiathèque francophone d’Arménie.

Formée à la faculté de français de l’Institut des langues de Brussov, Suzanne Gharamyan, fondatrice et directrice de l'Alliance française d'Arménie, incarne l’excellence francophone en Arménie. Partenaire de l’UFAR, l’Alliance est un lieu de passage obligé pour tous les étudiants de l’Université française. Obligatoire, le TCF (test de connaissance de français) s’adresse aux étudiants de 2e année pour leur passage en troisième année. “ Depuis 2010, nous sommes passés au DELF (B1) requis des étudiants de l’UFAR, car à partir de la 3e année ils suivent des cours dispensés par des enseignants de l’Université Lyon III ” indique-t-elle dans un français limpide.

"Nous formons chaque année depuis 2010 environ 70 fonctionnaires des ministères qui travaillent dans le domaine des relations internationales."

Quant au profil des quelque 500 étudiants inscrits (tous niveaux confondus), il ne peut se conjuguer au singulier. Il y a certes les étudiants de l’UFAR mais également une première catégorie d’étudiants constituée d’étrangers de passages (diplomates, employés d’organisation internationales…) ainsi que des étudiants iraniens. “ S’ajoute à cela ceux qui ont des projets professionnels en France ou dans un autre pays francophone, ou candidats à l’émigration au Québec. L’autre public important par sa valeur ajoutée est celui des fonctionnaires des administrations arméniennes. Dans le cadre de notre partenariat avec l’OIF intitulé « Initiative francophone nationale », nous formons chaque année depuis 2010 environ 70 fonctionnaires des ministères qui travaillent dans le domaine des relations internationales. Le programme « Le français dans les relations internationales » contribue au développement des compétences professionnelles et techniques en langue française, au sein des administrations cibles, des diplomates et fonctionnaires nationaux en charge de dossiers internationaux (cadres et experts), amenés à représenter leur pays dans les réunions – Union européenne (UE), Union africaine (UA), Organisation des Nations unies (ONU), etc. ” précise-t-elle.

Si les nouveaux locaux du centre-ville ont permis d’enregistrer une hausse sensible du nombre d’inscrits, le chiffre s’est stabilisé. “ Idéalement, nous souhaiterions voir leur nombre augmenter, mais cela ne dépend pas uniquement de nous ” indique la directrice qui ne peut compter sur l’aide extérieure. “ Nous sommes sans exagération autofinancés à hauteur de 95%. Si l’Ambassade de France nous a aidés au début, elle intervient désormais comme un partenaire pour la réalisation d’un projet culturel en commun. Quant à l’aide de l’OIF, elle se limite quasi exclusivement aux cours de français ”.

“ Depuis que l’Arménie est membre de plein droit de l’OIF, les enseignants de français profitent beaucoup des facilités du CREFECO pour les formations ”.

Forte de sa double casquette de présidente de l’Association des enseignants arméniens de français et de directrice de l’Alliance française, Suzanne Gharamyan multiplie les synergies entre les deux structures avec le soutien du ministère de l’Education nationale arménien. Objectif : accompagner les enseignants de français dans leurs besoins par le biais de stages annuels obligatoires de formation.  Aujourd’hui et depuis cinq ans déjà, les formations se font sur place en Arménie et sont assurées par l’Association des enseignants arméniens de langue française avec le soutien du CREFECO. “ C’est une bonne chose pour les enseignants étant donné que nous connaissons mieux leurs besoins, ce qui nous fait gagner en efficacité ”, se félicite la directrice qui ajoute : “ Depuis que l’Arménie est membre de plein droit de l’OIF, les enseignants de français profitent beaucoup des facilités du CREFECO pour les formations ”.

Certes, bien des efforts devraient être entrepris à l’avenir, si l’on veut voir diffuser la langue de Molière à toutes les couches de la société. Parmi les projets et les défis qui se posent, on retrouve ce désir de diversifier davantage le public, à commencer par les plus jeunes. “ Nous aimerions mettre en place en Arménie un DELF pour les élèves des écoles primaires et équiper une salle informatique pour que les examens se déroulent sur ordinateur car pour le moment les tests se font sur papier ” dit-elle.

“ Les élèves qui ont le français comme deuxième ou troisième langue, leurs prouesses et leur aisance à jouer en français sur scène n’ont eu de cesse de nous surprendre ”

Suzanne Gharamyan peut compter sur sa jeune et dynamique équipe au sein de l’Alliance française, laquelle organise chaque année un certain nombre de manifestations culturelles. Cela concerne des projections de films et de documentaires en français suivis de débats (notamment dans les locaux de l’UGAB à Erevan). Déjà en 2017, à l’occasion de la fête de la Francophonie, a été mis en place le premier Festival national de théâtre des jeunes francophones en Arménie, qui a réuni 11 écoles et plus de 150 élèves. “ Ces élèves qui ont le français comme deuxième ou troisième langue, leurs prouesses et leur aisance à jouer en français sur scène n’ont eu de cesse de nous surprendre ” évoque-t-elle. Autre temps fort, la visite en 2015 en marge de la conférence interministérielle, de la secrétaire générale de l’OIF, Michaëlle Jean. “ Elle avait souhaité nous rendre visite pendant la formation des professeurs. Nous avons été très fiers de l’avoir accueillie et j’espère que pour le prochain sommet nous aurons l’occasion de l’accueillir à nouveau ”.

A cheval entre l’Europe, l’Asie et le Moyen Orient, l’Arménie a indiscutablement un rôle à jouer dans la diffusion et le rayonnement de la francophonie. Souhaitons bonne chance à l’Alliance français et son énergique directrice dans la préparation de ce Sommet qui fera figure de test pour l’Arménie aux yeux des pays francophones et de la communauté internationale.

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