Fresque de la biodiversité : l’UFAR sensibilise ses élèves en amont de la COP17

Complément spécial UFAR
26.02.2026

Lundi 23 février, l'Université Française en Arménie a organisé une “Fresque de la Biodiversité” pour sensibiliser ses étudiants. L'atelier a été organisé par un partenaire français, sur la base des travaux de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques).

 

Par Narek Nahapetyan

La «Fresque de la biodiversité» est composée de trois étapes : une première, dite « scientifique », pour comprendre les causes et les conséquences de la crise de la biodiversité ; puis une phase “créative”, réalisée en groupe pour la maîtrise des concepts, et enfin, une phase de discussion et de réflexion pour trouver des solutions au phénomène d’érosion de la biodiversité. 

 

Un atelier participatif pour que les étudiants s’approprient la notion de biodiversité

La première étape a présenté le fonctionnement de la biodiversité dans les différentes régions du monde et de l’Arménie, pour souligner que les solutions doivent prendre en compte le prisme du pays. Dans le cas de l’Arménie, le pays fait face à des difficultés écologiques, telles que la pollution de l’air, la diminution des espaces verts au sein des zones urbaines, et la perte de la richesse naturelle de sa faune et de sa flore du fait de son développement rapide.

Ensuite, les étudiants ont pris part à une phase de groupe, dans laquelle ils devaient, en utilisant les informations données, recréer le cycle de la biodiversité eux-mêmes pour prendre conscience du fonctionnement de l'écologie. 

 

L’explication était présentée sous forme d’un jeu de cartes, réparties en 4 groupes (services écosystémiques, activités humaines, causes majeures d’érosion de la biodiversité, et ses conséquences). 

Sur chaque carte, était écrit un composant de la structure de la biodiversité, comme la pollinisation, ou les matières premières. Chaque élément pouvait être accompagné de questions pour la discussion en groupe.  C’est ainsi que les étudiants ont réfléchi aux pollinisateurs qu’ils connaissaient, ou encore à l’empreinte écologique de leur consommation (par exemple, savoir combien d'écosystèmes sont nécessaires pour obtenir un sushi au saumon). 

A l'arrière des cartes se trouvait l’explication des phénomènes et des questions posées, pour alimenter les discussions en groupe. 

La troisième et dernière phase était celle du partage des résultats des participants, de leurs impressions sur le sujet et de leur perception des enjeux actuels. Les groupes d'étudiants ont échangé leurs points de vue sur le rendu de leur projet, et ont travaillé ensemble pour proposer des solutions. 

Ils ont placé ces solutions sur un cadran à deux axes, les évaluant selon leur impact et l'effort qui leur est nécessaire. Grâce à cette visualisation des solutions, les opportunités et combinaisons possibles apparaissaient clairement aux participants, qui partageaient ensuite leurs ressentis, et voyaient comment ils pouvaient agir. 

 

Des étudiants réceptifs à une notion encore nouvelle, qui prend racine en amont de la COP17 : la biodiversité

En octobre 2026, l'Arménie sera au cœur de la lutte pour la protection de la nature en accueillant le sommet de la COP17 sur la biodiversité. Les dirigeants de centaines de pays du monde et des milliers de visiteurs internationaux se rendront à Erevan pour tenter de trouver des solutions à l'un des défis les plus cruciaux de notre époque : la préservation de la biodiversité, sans laquelle la vie humaine est impossible.

 

Dans sa vocation à sensibiliser ses étudiants en amont de la COP17, et avec son ouverture aux initiatives en la matière, l’UFAR a sans doute créé la première Fresque de la Biodiversité arménienne.

 

Des ateliers de la Fresque du Climat avaient déjà eu lieu en Arménie, mais à la connaissance d’Arthur Carabédian, volontaire de l’association BirthRight, animateur de l’atelier, c’était la première Fresque de la Biodiversité dans le pays. C’était d’ailleurs son idée de proposer le format à l’UFAR qui accueillit l’initiative à bras ouverts.

 

L’événement a eu un tel succès qu’un souhait avait même été formulé de continuer les ateliers jusqu’à la COP17, en formant un groupe d’animateurs locaux pour pérenniser le projet, et même organiser des ateliers lors du sommet. L’une des participantes a évoqué son souhait de devenir elle-même animatrice…

 

Quant aux retours sur l’atelier des autres étudiants, ils étaient divers, mais tous marqués par le même désir : agir pour la biodiversité. Certains étudiants se sentaient mieux formés, prêts à s’engager plus en profondeur, ou à faire leurs premiers pas pour la sauvegarde de l'écologie.  

Les personnes ressentent des émotions différentes en fonction de leur sensibilité, de leur caractère et de leur niveau de conscience des enjeux et de leur urgence. C’est une partie importante de l’atelier d’exprimer les émotions que l’on ressent, comprendre qu’elles sont toutes légitimes, et que ces émotions sont amenées à évoluer”, explique Arthur Carabédian.


Arthur Carabédian

La première prise de conscience du problème surprend, en particulier quand on réalise l’immensité de la tâche. D’où l’importance d’une sensibilisation préalable et de démonstration du fait que des solutions existent.

Ainsi, l’UFAR, en plus de sa mission première de former les futures générations de professionnels francophones d’Arménie, s’est placée en précurseur écologique, pour la prise de conscience du danger auquel fait face la biodiversité. L’université a ainsi ouvert la voie pour que la jeunesse arménienne soit sensibilisée et agisse dans la lutte pour sa préservation.