Des véhicules blindés français pour la défense de l'Arménie

Actualité
14.11.2023

Des véhicules blindés français de type "Bastion" destinés au transport de troupes sont arrivés au port géorgien de Poti, à destination finale de l'Arménie.

Par Olivier Merlet

 

La nouvelle était apparue dès dimanche soir sur les réseaux sociaux mais le gouvernement arménien n'en avait dit mot jusqu'à ce matin. L'agence Armenpress la confirme officiellement ce 14 Novembre, sans toutefois en préciser le détail.

Selon l'analyste militaire et chercheur associé à l'APRI Arménie, Leonid Nersisyan, à l'origine de l'information, il s'agirait d'au moins vingt-et-un « VBTT "Bastion" français, livrés via le port géorgien de Poti. Il semblerait que cela confirme également que les 50 VAB [véhicules d'avant blindé] MK3 mentionnés dans les rumeurs antérieures pourraient également faire partie des contrats existants. ».

Selon le journal en ligne Defence Blog qui avait repris le post du journaliste arménien, ces véhicules blindés "Bastion" de la société de défense française Arquus, anciennement Renault Trucks Defense, feraient partie d'un contrat avec l'Ukraine dont la finalisation n'aurait pas abouti.

Leonid Nersisyan soulignait dans son post : « le plus important est que la Géorgie n'entrave pas la logistique, malgré les tentatives d'Aliyev de faire pression sur Tbilissi. Dans le même temps », ajoutait-il, « la fuite de ces photos peut être faite pour satisfaire l'Azerbaïdjan d'une manière ou d'une autre ». Le Courrier d'Erevan avait pour sa part choisi de ne pas communiquer la nouvelle avant qu'elle ne soit rendue officielle.

Armenpress annonce aujourd'hui qu' APM Terminals Poti, gestionnaire du port géorgien, a approuvé - en termes sommes toutes surprenant - le transit de la cargaison française à destination de l'Arménie. « En l'absence d'instructions claires du gouvernement géorgien et de restrictions imposées par les régulateurs internationaux, APM Terminals Poti est privée de la possibilité de refuser de manière déraisonnable d'accepter des marchandises qui ne sont pas sanctionnées ».

L'acquisition des véhicules blindés Bastion est considérée comme une étape importante dans le renforcement des capacités de défense de l'Arménie dans le contexte des préoccupations sécuritaires régionales.

Bakou a bien sûr réagi, son ministère des Affaires étrangères condamnant « fermement » la livraison de « véhicules blindés offensifs » par la France à l'Arménie. « Ces mesures prises par la France, […] remettent sérieusement en question les efforts de normalisation des relations et contribuent à déstabiliser la situation. L'Arménie et la France devraient mettre fin à leur politique d'armement et de militarisation dans la région, et comprendre enfin qu'il n'y a pas d'alternative à la paix et à la stabilité dans la région ». Le communiqué appelle également la communauté internationale à « s'abstenir de livrer des armes et de créer les conditions d'une telle livraison à l'Arménie, qui empêchent l'établissement de la paix et de la prospérité dans la région ». Tbilissi semble donc avertie, c'est par les ports de Géorgie (ou d'Iran, pour l'Inde) que transiteront toute livraison lourde d'équipement stratégique à venir, à destination de l'Arménie.