Aliyev - Pas de paix sans changement constitutionnel en Arménie

Actualité
07.06.2024

Devant les dirigeants de l'Assemblée parlementaire des États turcs, Ilham Aliyev a confirmé qu'il conditionnait la paix avec l'Arménie à une modification constitutionnelle des textes fondateurs de la République arménienne.

Par Olivier Merlet

 

Devant le parlement arménien, le 4 juin, Ararat Mirzoyan reconnaissait que l'Arménie et l'Azerbaïdjan considéraient dans leur constitution réciproques « des problèmes et des obstacles importants pour l'établissement d'une paix à long terme. » Le ministre des Affaires étrangères démentait cependant vigoureusement « que la question des amendements constitutionnels en Arménie fasse l'objet de négociations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan ou fasse partie de l'ordre du jour, cela n'existe pas ».

Le lendemain, son homologue azerbaïdjanais, Jeyhun Bayramov, précisait par voie de presse que « les tentatives visant à établir des parallèles entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie sont loin de la réalité et sont inacceptables », ajoutant : « la Constitution de l'Azerbaïdjan et ses actes législatifs ne constituent pas des revendications territoriales contre l'Arménie et d'autres pays voisins ».

Hier 6 juin, alors qu'il recevait à Bakou les présidents des parlements des pays turcs (APTURK), Ilham Aliyev a bel et bien confirmé les exigences azerbaïdjanaises imposant à l'Arménie une révision de sa constitution. « C'est dans la déclaration d'indépendance [de l'Arménie], qui a ensuite été incluse dans leur constitution, que se trouvent les revendications territoriales contre l'Azerbaïdjan. […] Bien entendu, il est tout simplement impossible de conclure un accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan tant que la constitution arménienne actuelle reste inchangée ».

Reprenant à sa manière la formule désormais consacrée par les deux parties lorsqu'elles s'expriment sur le processus de paix en cours : « je peux dire que nous pensons qu'il reste encore plusieurs questions ouvertes », le président azerbaïdjanais a également réitéré sa volonté de se passer des garanties internationales sous lesquelles l'Arménie elle souhaiterait conclure cette paix, celle de l'OSCE en particulier. « Nous avons déjà proposé à la partie arménienne que l'Azerbaïdjan et l'Arménie demandent conjointement à l'OSCE l'annulation du Groupe de Minsk. Le groupe de Minsk n’est pas nécessaire, il ne fonctionne pas actuellement. Nous ne lui permettrons pas de facto de fonctionner. Il reste à l’annuler de jure – légalement – ​​et cela montrera à quel point l’Arménie est sincère ».