Gaz russe : l’Arménie mise sur l’Iran pendant l’interruption du 15 au 25 septembre

Gaz russe : l’Arménie mise sur l’Iran pendant l’interruption du 15 au 25 septembre

L’approvisionnement de l’Arménie en gaz naturel via la Russie sera temporairement interrompu du 15 au 25 septembre, a annoncé « Gazprom Arménie ». Cette interruption est liée à des travaux préventifs et de réparation programmés sur le gazoduc principal « Caucase du Nord – Transcaucasie », sur le territoire de la Fédération de Russie.

Selon la société, cette interruption n’aura pas de conséquences pour les consommateurs arméniens. Pendant cette période, leurs besoins seront couverts grâce aux réserves internes de gaz ainsi qu’à des volumes supplémentaires fournis par l’Iran.

L’annonce, présentée comme une opération technique programmée, intervient cependant dans un contexte plus large : celui de la transformation profonde des relations entre l’Arménie et la Russie et des efforts déployés par Erevan pour réduire ses vulnérabilités énergétiques, car depuis l’indépendance de l’Arménie, la Russie a occupé une place centrale dans le secteur énergétique du pays. Le gaz russe constitue depuis plusieurs décennies une composante majeure de l’approvisionnement arménien, tandis que Gazprom est devenu un acteur essentiel du marché national.

Cette dépendance énergétique s’inscrit dans une relation beaucoup plus large. Après la disparition de l’Union soviétique, Moscou et Erevan ont développé une alliance fondée sur des liens politiques, économiques et militaires étroits. L’Arménie a notamment adhéré à l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) et a maintenu une importante coopération militaire avec la Russie.

Ainsi, en 2024, le Premier ministre Nikol Pashinyan a annoncé le gel de la participation de l’Arménie à l’OTSC, marquant l’une des étapes les plus importantes du refroidissement des relations arméno-russes. Depuis, le gouvernement arménien défend une politique de diversification des partenariats, parfois résumée par l’expression de « politique étrangère équilibrée » ou « politique de diversification ».

Parallèlement, Erevan a considérablement renforcé ses relations avec l’Union européenne, les États-Unis et plusieurs autres partenaires, tout en développant ses relations avec l’Iran, la Géorgie et les pays de la région.

Il y a encore quelques années, une interruption du principal axe d’approvisionnement gazier russe aurait surtout illustré la forte dépendance de l’Arménie à l’égard de son allié traditionnel. Aujourd’hui, la possibilité annoncée de compenser cette interruption par des réserves nationales et par des volumes supplémentaires en provenance d’Iran prend une autre signification.

Elle montre que la question énergétique est désormais intégrée à une réflexion plus large sur la souveraineté, la sécurité et la diversification des partenariats de l’Arménie.

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