Lavrov : la Russie ne veut pas « financer » l’intégration européenne de l’Arménie
Moscou affirme respecter le droit de l’Arménie à choisir ses partenaires et sa voie de développement, mais prévient qu’elle ne souhaite pas financer sa préparation à une éventuelle adhésion à l’Union européenne par le biais des avantages dont Erevan bénéficie au sein de l’Union économique eurasiatique (UEE).
La Russie ne cherche pas à empêcher l’Arménie de diversifier ses partenariats, mais elle estime que les conséquences d’un rapprochement avec l’Union européenne doivent désormais être clarifiées. C’est ce qu’a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, le 16 septembre lors du Festival international de la jeunesse.
« Nous ne souhaitons en aucun cas freiner artificiellement les processus de diversification annoncés par le Premier ministre Pashinyan », a déclaré le chef de la diplomatie russe, tout en soulignant que Moscou ne souhaitait pas « payer » la préparation de l’Arménie à une éventuelle adhésion à l’UE grâce aux « énormes préférences » dont le pays bénéficie dans le cadre de l’UEE.
Moscou demande à Erevan de « se prononcer »
Sergueï Lavrov a également réagi aux déclarations de Nikol Pashinyan concernant la possibilité d’un référendum sur l’orientation européenne de l’Arménie.
Le Premier ministre arménien avait expliqué que la question pourrait être soumise aux électeurs une fois qu’Erevan aurait officiellement engagé le processus d’adhésion à l’UE, reçu une réponse et élaboré une feuille de route.
Pour M. Lavrov, cette séquence signifie qu’il ne s’agirait alors plus de choisir entre deux alternatives, mais de se prononcer sur un processus déjà concrètement engagé.
« Si le processus d’introduction des normes européennes dans la législation et la pratique réglementaire arméniennes a déjà commencé, la Russie ne souhaiterait pas financer l’adhésion ou la préparation à l’adhésion à l’Union européenne » par le biais des avantages liés à l’UEE, a-t-il déclaré.
Le ministre russe a par ailleurs exprimé ses doutes quant à la possibilité pour l’Arménie de rejoindre l’UE dans un avenir proche, en évoquant notamment la longue attente de pays candidats tels que la Turquie et la Serbie.
Une discussion Poutine-Pachinian annoncée
Lavrov a également indiqué que le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan étaient convenus, en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai à Bichkek, de tenir une rencontre bilatérale consacrée aux relations de l’Arménie avec l’UE et l’UEE.
Selon le ministre russe, cette rencontre doit notamment permettre d’aborder les conséquences du rapprochement européen d’Erevan et l’avenir de ses engagements au sein de l’UEE.
Les déclarations de Lavrov interviennent alors que l’Arménie poursuit son rapprochement avec l’Union européenne tout en restant membre de l’Union économique eurasiatique, une situation que Moscou considère comme appelant désormais une clarification de la part d’Erevan.