Cinq films français pour changer notre regard sur la biodiversité

À l’occasion de la COP17 et du SunChild International Environmental Festival, l’Institut français d’Arménie propose une sélection de cinq films français consacrés à la biodiversité. Parmi eux figurent deux œuvres du photographe animalier Vincent Munier, présent en Arménie à l’occasion de la projection de son film Le Chant des forêts.

 

Par Louna Proniaev 

L’ambassadeur de France en Arménie, Florian Escudié, s’est réjoui de la collaboration entre l’Institut français et le festival SunChild, qui permet de faire dialoguer les approches diplomatique, scientifique et artistique de la protection du vivant. En référence à une célèbre réflexion de Victor Hugo sur la nature, il a formulé un souhait : « J’aimerais qu’on réussisse un espoir, c’est de faire mentir Hugo, et lui dire que non, nous écoutons la nature. »

 

« Planètes », un voyage au cœur du vivant invisible

Le festival du film français consacré à la biodiversité s’est ouvert le 23 octobre avec la projection de Planètes, le film d’animation de Momoko Seto, présenté dans la sélection « Un certain regard » du Festival de Cannes.

Le film raconte l’odyssée de quatre graines de pissenlit qui, après avoir échappé à des explosions nucléaires, entreprennent un voyage extraordinaire à la recherche d’un nouveau monde où prendre racine.

À l’issue de la projection, la réalisatrice a échangé avec le public sur la genèse de cette œuvre singulière. Elle a notamment expliqué avoir voulu montrer que les explosions qui détruisent la planète au début du film sont d’origine humaine et non naturelle. Cette séquence fait écho à l’histoire du Japon, son pays d’origine, marqué par les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Symboliquement, cette présence humaine constitue la seule intervention directe de l’être humain dans le film.

À travers le périple de ses quatre graines, Momoko Seto invite les spectateurs à découvrir un monde vivant souvent invisible, enfoui sous nos pieds et pourtant essentiel à l’équilibre des écosystèmes. Dans Planètes, ces formes de vie prennent toute leur place et contribuent à faire émerger un nouvel univers.

En brouillant les frontières entre fiction et documentaire, la réalisatrice fait le choix de l’imaginaire pour déplacer notre regard sur la nature. Comme elle l’explique, il s’agit de « faire parler l’imaginaire pour laisser plus de place à la nature ».

 

Une leçon d’entraide face à la sixième extinction

Au-delà de son récit poétique, Planètes porte un message profondément actuel. La quête des quatre graines illustre la capacité du vivant à s’adapter, à se transformer et à se reconstruire grâce aux interactions entre les espèces.

Leur histoire devient ainsi une leçon d’entraide et d’interdépendance, rappelant que la vie repose sur des équilibres fragiles et sur la coopération entre des organismes parfois imperceptibles à l’œil humain.

À l’heure où la biodiversité connaît une érosion alarmante, sur fond de sixième extinction de masse, le film de Momoko Seto invite petits et grands à repenser leur place dans le monde vivant. Une manière de rappeler que protéger la nature suppose aussi d’apprendre à voir ce qui nous échappe et à reconnaître la valeur de toutes les formes de vie.

À travers cette sélection cinématographique, l’Institut français d’Arménie et le festival SunChild prolongent ainsi, par la culture et l’émotion, les réflexions engagées dans le cadre de la COP17.

Articles associés