Karabagh - Les négociations ne peuvent se tenir avec un pistolet sur la tempe

Région
10.05.2023

Dans le sillage des jeunes militants du "Mouvement d'Artsakh", Ruben Vardanyan, l'ancien ministre d'État d'Artsakh, se dit ouvert aux négociations avec Bakou mais refuse le chantage.

Par Olivier Merlet

 

Le rassemblement était massif hier 9 mai sur la place de la Renaissance à Stepanakert. Comme attendu, les Karabakhtsis ont répondu par milliers à l'appel du collectif du "Mouvement d'Artsakh". « Nous nous sommes réunis pour montrer au monde que notre combat est un combat pour la dignité et pour que les générations à venir en soient nourri, pour vivre décemment aujourd'hui mais aussi demain. Notre Artsakh ne fait pas partie de l'Azerbaïdjan, il n'en est pas, il ne le sera pas » s'est exclamé depuis la tribune Davit Baghryan, l'un des jeune leaders de ce nouveau mouvement.

Appel au peuple d'Artsakh, appel au monde, appel au gouvernement arménien de ne pas compromettre l'autodétermination du peuple d'Artsakh, appel aux autorités russes de ne pas céder aux pressions azerbaïdjanaises.

En retrait de la foule parmi laquelle on remarquait de très nombreuses femmes de tous âges, Araïk Harutunyan, le président de la république d'Artsakh, assistait à la manifestation aux côtés de deux de ses prédécesseurs. Quelques heures auparavant, depuis ses bureaux de la présidence, il avait déclaré lui aussi : « Il n'y a qu'un seul chemin. L'Artsakh était, est et doit être arménien ».

Seule personnalité politique à monter à la tribune, Ruben Vardanyan, l'ancien ministre d'État, qui avait relayé et soutenu l'action du "Mouvement d'Artsakh", s'est exprimé : « Notre situation est difficile, mais nous endurons », a-t-il déclaré. Reconnaissant sans doute que l'évolution de la situation au Karabagh ne dépendrait plus que du seul dialogue entre Stepanakert et Bakou, l'ancien ministre d'État a prévenu les autorités azerbaïdjanaises : « Nous sommes prêts à négocier, mais les négociations ne peuvent pas se tenir avec un pistolet sur la tempe. Les négociations doivent être menées par les deux parties en respectant l'autre ».