Il tombe de l'or.... bleu

Société
05.05.2026

Beaucoup se plaignent actuellement des précipitations en Arménie, avec de grises journées pluvieuses qui se suivent depuis le début de l'année. Mais, comme disaient nos aïeuls à chaque fois qu'il pleuvait, "Ոսկի է անձրևում" ,«il tombe de l‘or" , et l’Arménie ne peut pas se passer de cet or bleu.

 

Par Régis Danielian

Cela peut sembler contre-intuitif en levant les yeux vers les cieux encombrés de nuages, mais le pays manque d’eau actuellement. Inutile de revenir sur l’importance de l’eau pour l’Arménie, tant au niveau de l’agriculture, que de la production hydroélectrique qui compte pour environ un tier du mix total énergétique, sans compter l’eau que l’on boit et son usage domestique.

En outre, il s’avère nécessaire pour les pouvoirs publics de s’atteler aussi à la rénovation des canalisations, car les pertes deviennent astronomiques, et ne seront pas compensées par des précipitations suffisantes, surtout que les prévisions à long terme placent l’Arménie  (sud Méditerranée, Anatolie, Caucase) dans une zone à stress hydrique important dans un futur proche.

Pour preuve, la disparition complète du lac d’Ourmia en Iran, initialement quatre fois plus grand que le lac Sevan mais dont il ne reste plus rien. Le fait que la population puisse avoir accès à des informations précises sur la situation hydrique de pays devient une nécessité, tant la gestion de ce bien commun qu’est l’eau devient stratégique et doit devenir le soucis de tous.

Le Centre d'hydrométéorologie et de surveillance (https://new.meteomonitoring.am/en/web), établi depuis 2020 sur l'initiative du ministre de l'environnement en exercice à cette époque, Mr Erik Grigoryan qui regroupa plusieurs services sous un seul, permet ainsi aux gens de suivre en direct de nombreux paramètres hydrométéorologiques, en plus de prévisions classiques.

Ainsi peut-on observer l’évolution au jour le jour du niveau du Lac Sevan, emblématique des réserves d’eau disponible pour le pays.

 

Par rapport à l’année dernière, le lac a perdu 20cm. Pas de quoi paniquer, le niveau de l’eau n’atteint pas la limite légale des 1900m en deçà duquel il ne doit pas aller, mais sur une surface d’environ 1277km², la quantité d’eau manquante de 10 cm en un an demeure loin d’être négligeable.

Le site fournit aussi les niveaux de remplissage des réservoirs d’Aparan, de Marmarik, d’Aghuryan et d’Azat à comparer avec les données de l’an passé; et quantité d’autres informations d’une grande utilité publique tel que les niveaux de pollution et de poussière dans l'air.

Ainsi donc, la prochaine fois qu’il pleut en Arménie, réjouissez vous, il tombe l’or bleu de demain.