La foi déplacera-t-elle Erevan ?

Actualité
14.05.2024

Ainsi qu'il l'avait annoncé la veille, l'Archimandrite Bagrat Galstanyan, chef du diocèse de Tavush, s'est mis en marche ce mardi en direction l'université d'État d'Erevan et de divers lieux de la capitale pour tenter de sensibiliser et de rallier à son mouvement des sympathisants de toutes les origines.  

Par Olivier Merlet

 

Répondant aux appels à la désobéissance civile lancés par les responsables du mouvement, plusieurs petits groupes de manifestants ont organisés, dès les premières heures de la matinée ce 14 mai, des actions de blocage bien pacifiques dans le centre-ville de la capitale, tandis que d'autres rejoignaient la place de la République d’où devait s'élancer une marche de sensibilisation, notamment vers les grandes universités du pays.

Bérets rouges et force de police n'ont pas tardé à intervenir, à dix heures ce matin, on comptait déjà 38 arrestations, parfois très musclées, au motif du refus d'obtempérer.

Parti de la Place centrale d'Erevan vers 9h30, le cortège du primat du diocèse du Tavush a remonté l'avenue Khanjyan, le grand boulevard périphérique de l'est du centre-ville, pour s'arrêter tout d'abord à hauteur de l'université Pédagogique. La procession a ensuite repris sa marche en direction de l'université d'État d'Erevan où elle a été accueillie en musique et par des danses traditionnelles.

Rejoint par la vice-rectrice de l'université, Elina Asryan, le révérend Bagrat s'est enquit de la véracité d'une information dont il s'était fait l'écho lors du rassemblement de la veille, selon laquelle le recteur, Hovhannes Hovhannisyan, aurait convoqué un conseil d'établissement pour décider de l'expulsion des étudiants grévistes. La vice-rectrice a catégoriquement démenti, affirmant qu'« aucune réunion avec aucun doyen n'avait eu lieu. L'université d'Etat d'Erevan est une structure centrée sur l'étudiant, et les droits de chaque étudiant y sont scrupuleusement protégés »

Après avoir rendu visite hier à l'Union des Artistes, celle des Écrivains, à l'Institut d'Histoire de l'Académie des Sciences, l'archevêque doit également se rendre aujourd'hui à l'Union des journalistes d'Arménie et à la station de métro Garegin Nzhdeh, « pour voir comment se portent les gens ».

Du cote des autorités, on souligne que ces marches et ces rassemblements ne constituent ni plus ni moins qu'une tentative de coup d'État, « par des moyens illégaux »…  La formule, au moins, pose à question.