L’exposition Eden, un paradis gyumriote au musée de Komitas à Erevan

De gauche à droite : Gago, Hermine Demiro, Svetlana Navasardyan et Arman Tadevosyan.

 

 

Jusqu’au 6 novembre, l’exposition temporaire “Eden” cohabite avec les manuscrits, dans le musée-institut Komitas, à Erevan. À l’origine du projet, Gago, Hermine Demiro et Arman Tadevosyan, trois artistes gyumretsi.

Par Elsa Yegavian

 

Il était une fois un chevalier à la superbe moustache, une sirène blonde à la voix profonde et un oiseleur errant en route pour peindre l’Eden de leur rêve… C’est ainsi qu’Emmanuelle Costet, commissaire d’exposition, conte la genèse de l’exposition. Tout commence avec ce groupe d’amis qui se sont rencontrés à Lyon en 2024 : Gago travaille à Ashtarak, Hermine Demiro vit au Mexique et Arman Tadevosyan habite en France. Si tous ces artistes plasticiens sont éparpillés dans des pays différents, Gyumri, leur ville d’origine les unit et les inspire.

 

Tous les chemins mènent à Gyumri

La ville au tuf noir s’immisce dans le projet jusqu’au titre : “Eden”. L’exposition est le fruit d’un an de recherche et de travail. Beaucoup d’investissement, qui devait également se traduire dans son intitulé. “On a cherché une manière d'écrire pour avoir deux sens : le paradis et “là, là-bas”, dans le dialecte de Gyumri”, commente Arman Tadevosyan, l’un des artistes exposés. 

 

Ce tableau d’Arman Tadevosyan est inspiré par le conte arménien Hazaran Blbul.

 

Ce mélange d’ici et d’ailleurs, de réel et d’imaginaire, se matérialise sur la toile avec des peintures abstraites aux détails réalistes. Par exemple, un fond flou où se déposent des empreintes d’oiseaux.

 

“On a voulu montrer notre Komitas qui pourrait tomber amoureux”

Les trois créateurs ont trouvé leur muse en la figure du compositeur. “Komitas, c’est un génie. Son art ne connaît ni les frontières, ni le temps”, s’enflamme Arman Tadevosyan. Mais au-delà de ses compositions, ce sont la personnalité et l’histoire romanesque de la figure arménienne qui donnent le ton de l’exposition. 

“Komitas aimait faire de l’humour, aimait la vie. Loin du Komitas dérangé par les génocides qu’il a vu, on a voulu montrer notre Komitas qui pourrait tomber amoureux, qui pourrait être déçu, qui pourrait être en colère, qui pourrait être enthousiasmé”, explique l’artiste. D’ailleurs, le style de Komitas, connu pour être épuré, loin des ornements superflus, se retrouve également dans les tableaux présentés au musée.

 

Affiche de l’exposition “Eden” au musée-institut Komitas, du 26 septembre au 6 novembre 2026

 

L’exposition a été inaugurée le 26 septembre, jour de l’anniversaire de Komitas. Pour l’occasion, la pianiste arménienne Svetlana Navasardyan, applaudie à l’international, a fait résonner les cordes du piano pour le plus grand plaisir des visiteurs. Un début prometteur qui se poursuit aujourd’hui : les œuvres sont à admirer au musée-institut Komitas d’Erevan jusqu’au 6 novembre.

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