
Martin Galstyan, le gouverneur de la Banque centrale d'Arménie, prévoit une hausse potentielle de l'inflation de 1,2 à 1,7 point de pourcentage dans le contexte de la guerre au Proche-Orient.
Selon lui, cet impact est lié à la hausse des prix du pétrole, à la modification des itinéraires logistiques et au remplacement éventuel des approvisionnements alimentaires en provenance d'Iran par des importations en provenance d'autres pays.
« Il existe des facteurs tels que la hausse des prix du pétrole, le renchérissement des importations dues à l’utilisation d’itinéraires alternatifs et le remplacement des produits alimentaires iraniens par des approvisionnements en provenance d’autres pays. Cela relève du domaine des risques, et si ces risques se concrétisent, l'impact sur l'inflation se situera dans les limites indiquées », a déclaré M. Galstyan.
Il a souligné que le conflit pourrait affecter l'économie arménienne par trois canaux principaux. Le premier est lié au ralentissement de l'économie mondiale, y compris de l'économie américaine, ce qui accroît les risques de stagnation et, parallèlement, augmente la probabilité d'une hausse de l'inflation. Le deuxième risque est lié à la baisse de la demande extérieure, due à une diminution potentielle des flux touristiques et à des restrictions à l'exportation vers les marchés du Moyen-Orient. Selon M. Galstyan, la rupture potentielle des relations avec les Émirats arabes unis, plaque tournante logistique essentielle pour les exportations et les importations arméniennes, est particulièrement préoccupante. Le troisième canal est lié à la hausse des prix du pétrole, qui a une incidence directe et indirecte sur l'inflation.
Le gouverneur de la Banque centrale a ajouté que l'impact des opérations militaires en Iran, qui ont débuté le 28 février, n'apparaissait pas encore dans les statistiques de mars, car les données correspondantes n'avaient pas encore été publiées. La Banque centrale a également décidé de maintenir le taux de refinancement à 6,25 %. Selon M. Galstyan, cette décision s'explique par l'incertitude qui règne dans l'économie mondiale, due à l'aggravation de la situation au Proche-Orient, à la hausse des prix du pétrole et aux risques externes persistants.
Pour rappel, au quatrième trimestre 2025, la croissance économique en Arménie s'était accélérée grâce aux secteurs de la construction, des services et de l'industrie manufacturière, mais les perspectives à long terme demeuraient incertaines. M. Galstyan a souligné l'existence de risques inflationnistes du côté de l'offre, notamment la hausse des salaires dans le secteur privé et le renchérissement des services. Selon lui, l'augmentation des retraites pourrait entraîner une hausse supplémentaire de l'inflation d'environ 0,1 à 0,2 %. Le régulateur entend poursuivre sa surveillance et se dit prêt à prendre des mesures pour garantir l'objectif d'inflation de 3 % à moyen terme.









