COP17 : la Déclaration d’Erevan appelle à accélérer l’action mondiale en faveur de la biodiversité

À l’issue de la séance plénière du Sommet des dirigeants pour la nature (Leaders for Nature Summit), qui s’est tenue les 15 et 16 octobre à Erevan, la « Déclaration d’Erevan – Agir pour la nature » (Yerevan Declaration – Taking Action for Nature) a été présentée. 

 

Le document réaffirme l’engagement des participants en faveur de la mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité, qui vise à enrayer et à inverser la perte de biodiversité d’ici à 2030, puis à parvenir, à l’horizon 2050, à une coexistence harmonieuse entre l’humanité et la nature.

La déclaration rappelle que la biodiversité et les services écosystémiques sont essentiels à la vie sur Terre. Ils contribuent à la sécurité alimentaire, à la résilience face au changement climatique, à la santé humaine, à la prospérité économique et au bien-être des générations présentes et futures.

Les participants reconnaissent toutefois que, malgré une mobilisation internationale croissante en faveur de la protection de la nature, les efforts engagés restent insuffisants pour atteindre les objectifs mondiaux. Le texte appelle ainsi à dépasser les déclarations d’intention pour passer à des mesures concrètes, mesurables et porteuses de résultats à long terme.

 

Des actions concrètes et des financements renforcés

La déclaration préconise de renforcer les mesures nationales en faveur de la conservation, de la restauration et de l’utilisation durable des écosystèmes terrestres, d’eau douce, côtiers et marins, notamment océaniques et montagneux. Elle insiste également sur la nécessité d’intégrer les enjeux de biodiversité dans les politiques publiques et les différents secteurs de l’économie.

La mobilisation de ressources financières supplémentaires, publiques comme privées, constitue un autre axe majeur du document. Les participants soulignent l’importance de garantir des financements suffisants, prévisibles, disponibles en temps utile et accessibles. Ils appellent également à renforcer la coopération internationale, le transfert de technologies ainsi que le soutien scientifique et technique aux pays en développement.

La déclaration préconise par ailleurs d’améliorer les systèmes de suivi et de présentation des résultats, de développer les bases de données sur la biodiversité et de favoriser une prise de décision fondée sur les connaissances scientifiques, tout en encourageant une utilisation responsable des technologies innovantes.

Une attention particulière est accordée au partage équitable des avantages découlant de l’utilisation des informations numériques sur les ressources génétiques, notamment par l’intermédiaire d’un mécanisme multilatéral comprenant le Fonds de Cali (Cali Fund).

 

Une mobilisation de tous les acteurs

Le texte souligne que la réalisation des objectifs environnementaux mondiaux nécessite la participation de l’ensemble des acteurs concernés : peuples autochtones et communautés locales, femmes, jeunes, collectivités locales, organismes scientifiques, société civile, entreprises et secteur financier.

Les participants appellent également à renforcer la coopération entre les accords internationaux relatifs à la protection de l’environnement et les différentes instances des Nations unies, afin de mieux coordonner les efforts et d’accélérer leur mise en œuvre.

La déclaration accorde une importance particulière au premier bilan mondial des progrès collectifs accomplis dans l’application du Cadre mondial de Kunming-Montréal. Cet exercice doit permettre de mettre en évidence les lacunes persistantes et d’accélérer la réalisation des 23 cibles fixées à l’horizon 2030.

Les auteurs du document invitent la Conférence des Nations unies sur la biodiversité à prendre en compte les orientations politiques et les engagements énoncés dans la déclaration lors de ses débats et de ses décisions.

« En tant que dirigeants mondiaux, nous envoyons un signal clair de détermination, d’ambition et d’espoir », affirme le texte dans sa conclusion.

La déclaration rappelle que la perte de biodiversité demeure l’un des plus grands défis de notre époque, tout en soulignant que sa lutte offre des possibilités inédites de transformer les relations entre l’humanité et la nature et de construire un avenir plus durable et plus juste. Elle appelle enfin les gouvernements, les organisations internationales, les institutions financières, le secteur privé et la société civile à traduire leurs engagements en actions concrètes et à renforcer le partenariat international.

Le Sommet des dirigeants pour la nature s’est tenu à Erevan les 15 et 16 octobre 2026, en amont de la 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (COP17), organisée du 19 au 30 octobre.

Adopté en décembre 2022, le Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité comprend quatre objectifs à long terme pour 2050 et 23 cibles à atteindre d’ici à 2030. Il vise notamment à préserver et à restaurer la nature, à assurer une utilisation durable des ressources biologiques et à mobiliser les financements nécessaires à ces ambitions.

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